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mardi 13 novembre 2007

Manicore 3 : le changement climatique

Ça y est le voilà ! Ça fait un moment que j'ai entamé cet article mais j'ai mis du temps à l'achever. Voici donc un nouvel article un peu long tiré du site www.manicore.com de Jean-Marc Jancovici.

1) Le changement climatique, c'est pareil que le réchauffement climatique ?

En fait, on parle surtout du réchauffement climatique, mais ce n'est qu'un des aspects du changement climatique dans sa globalité. En effet, l'impact de l'homme sur la planète ne se traduit pas uniquement par l'augmentation de la température moyenne. C'est pourquoi le terme de "réchauffement climatique" est inexact, il vaut mieux parler de "changement climatique".

2) Qu'est-ce que le climat ?

Pour pouvoir parler de changement climatique, il faut déjà savoir exactement ce qu'on entend par "climat". Les éléments qui constitue le climat sont les suivants :
  • la quantité de soleil (d'énergie solaire) qu'on reçoit, qu'on appelle l'insolation
  • la température
  • les précipitations et l'humidité de l'air
  • le vent
  • la pression atmosphérique
  • le champ électrique, l'ionisation et la composition chimique de l'atmosphère

Pour chacun de ces critères, on peut mesurer et comparer les moyennes (annuelles et saisonnières par exemple) et l'évolution de ces moyennes. Il est important aussi de connaître la variabilité de ces critères, c'est-à-dire de connaître les valeurs extrêmes (minimum et maximum) autour de la moyenne.
Une modification de la moyenne ou de la variabilité peut être source de problèmes.

3) Que savons-nous ?

La communauté scientifique s'accorde sur le fait que l'effet de serre augmente, donc la température moyenne va augmenter et le niveau des océans va augmenter aussi. Les différents modèles climatiques mis en place par les scientifiques aboutissent tous à cette conclusion et ils sont fiables.
La seule inconnue restante est : de combien ? La réponse dépend aussi de notre prise de conscience et de l'évolution de nos émissions de gaz à effet de serre. Les modèles climatiques, basés sur des hypothèses différentes d'évolution des émissions de gaz à effet de serre, prévoient une augmentation de 0.5 à 6°C d'ici 2100. Ils prévoient également une augmentation des précipitations sans pour autant savoir si il pleuvra plus souvent ou plus fort.
L'augmentation de température sera plus sensible la nuit que le jour, l'hiver que l'été et aux pôles plus qu'aux latitudes moyennes ou vers l'équateur.
Il est important de noter que cette augmentation ne s'arrêtera pas en 2100 et qu'elle pourrait doubler à terme (jusqu'à 10°C d'augmentation environ suivant les modèles) même si nous arrêtions nos émissions de gaz à effet de serre demain.

4) Quels sont les autres effets possibles ?

On ne sait pas s'il existe des seuils à ne pas dépasser au niveau de la planète et on ne connaît pas les conséquences si ces seuils sont atteints ou dépassés. Mais au niveau local, on sait par exemple qu'une élévation de 2°C conduira très probablement à la disparition des coraux.
Certains modèles ont étudié l'évolution de la variabilité des éléments du climat, notamment sur le cycle de l'eau et tous sont arrivé à la conclusion que les phénomènes extrêmes locaux vont probablement augmenté : tempêtes, ouragans, inondations, sécheresses, gelées, canicules ...

Les végétaux sont très sensibles aux précipitations. Un déplacement trop rapide de la zone favorable à la croissance d'une plante peut entraîner sa disparition. On estime que la "vitesse de migration" des plantes varie entre 4 et 200 km par siècle. Or d'après le GIEC une augmentation de 3°C correspondrait à un déplacement de zones favorables d'environ 500 km. De plus, certains végétaux ont besoin du froid pour produire des graines mais aussi pour se protéger des insectes. Les écosystèmes pourraient être déséquilibrés voire pour certains disparaître ...

L'augmentation de la concentration de CO2 de l'air engendrera une augmentation de la concentration de CO2 des océans. Ceci aura pour effet de rendre l'eau un peu plus acide et les organismes marins auront plus de difficultés pour fabriquer le calcaire de leur coquille ou leur squelette.

Un des gros risques du changement climatique est la perturbation des courants océaniques du globe. Ces courants sont de 2 natures :
  1. Les courants horizontaux dus aux vents principalement.
  2. Les courants verticaux dus au changement de densité de l'eau en fonction de la température et de la salinité.
Le "moteur" de cette circulation verticale se situe en mer de Norvège et en mer du Labrador : les eaux de surface du Gulf Stream s'évaporent (donc la salinité augmente) et se refroidissent, ce qui augmente la densité de l'eau. De plus en hiver, la formation de la banquise au Groënland augmente encore la salinité, donc la densité. Les eaux de surface alourdies plongent dans les profondeurs.
Le réchauffement de ces 2 mers cumulé à la fonte de la banquise ferait augmenter la température et diminuer la salinité donc l'eau serait moins dense et ne plongerait plus dans les profondeurs, désamorçant cette "pompe" qui active les courants. C'est ce qui s'est passé lors des dernières glaciations. Des études montrent que la salinité des eaux profondes dans la mer du Labrador a déjà diminué, ainsi que la circulation des eaux profondes. Toutefois, il est peu probable que le Gulf Stream s'arrête [1] même si il va plus certainement ralentir. En revanche, la baisse de salinité pose d'autres problèmes dans la chaîne alimentaire marine.

4) Et nous ?

Le réchauffement risque de favoriser le développement et les mutations des virus et bactéries. D'autre part, les concentrations urbaines ajoutées à la facilité de déplacement avec les avions augmentent les risques d'épidémie et il y aura probablement plus de phénomènes extrêmes. Il se peut également qu'on dispose de moins d'énergie pour répondre à ces problèmes. Donc il se peut que nous soyons plus exposés à des problèmes de santé, de famine, de froid ou de canicule.

Mais la question la plus importante est : quelle sera notre réaction quand les problèmes commenceront à apparaître ?
Que se passera-t'il si le Maghreb devient un immense désert, si le Bangladesh se retrouve en partie immergé, si la famine ou la maladie s'abat sur telle ou telle région de la planète ? De façon générale, on peut supposer que des migrations de population découleront des changements climatiques locaux, c'est-à-dire que les gens quitteront les zones défavorables pour aller vers les zones favorables. Que se passera-t'il quand ces populations viendront frapper aux frontières des pays en zone favorable ?
Mais au fait : n'est-ce pas déjà ce qu'il se passe même si ce n'est pas forcément pour des raisons écologiques ou climatiques ? Et l'accueil me semble de moins en moins bon avec les renvois par avion ou autre test ADN. Que se passerait-il si un jour c'était l'inverse - que la France soit la zone défavorable par exemple ? Les citoyens étrangers que nous rejetons aujourd'hui accepteraient-ils de nous accueillir demain dans leur pays ?
Ajouter à cela une crise économique mondiale avec toutes les conséquences que cela peut avoir.
Et si toutes les tensions géopolitiques augmentent alors même que la plupart des pays sont maintenant équipés d'armes de destruction massive, saurons-nous rester sereins et gérer cela intelligemment ?


[1] : Le scénario du film catastrophe "Le jour d'après" est basé sur ce phénomène et illustre de façon romancée le franchissement du seuil et les conséquences.
Sources sur Manicore :
Articles liés :
  1. Manicore
  2. L'effet de serre
  3. L'ozone

vendredi 12 octobre 2007

Il faut faire quelque chose ! La preuve

(merci Vince pour le lien)
Démonstration (en anglais malheureusement) de pourquoi il faut agir contre le changement climatique. L'explication de la vidéo est bien meilleure que celle que je vous propose donc si vous comprenez un minimum l'anglais, regardez-la (elle dure environ 10 minutes).

En résumé, ça se présente sous la forme d'un tableau comme celui-ci :

Changement
climatique global ?
Est-ce qu'on fait quelque chose ?
Oui
Non
FauxCoûte de l'argent
Dépression économique global
Tout va bien
:-)
VraiCoûte de l'argent
mais on a fait ce qu'il faut
donc ça peut aller
:-)
Catastrophes :
  • économique
  • politique
  • sociale
  • environnementale
  • sanitaire

Le tableau peut s'expliquer comme ceci :
  • En colonne, on pose la question : est-ce que l'idée d'un changement climatique global est vrai ou fausse ?
  • En ligne, on pose la question : est-ce qu'on fait quelque chose pour l'empêcher ?
Ce qui nous donne 4 possibilités :
  1. Case Faux + Oui : il n'y a pas de changement climatique et on fait quelque chose donc ça coûte de l'argent et provoque une crise économique globale.
  2. Cas Faux + Non : il n'y a pas de changement climatique et on a rien fait. Nickel ! Tout le monde est content, on a fait le bon choix.
  3. Cas Vrai + Oui : il y a un changement climatique mais on fait quelque chose. Ça coûte de l'argent mais on fait ce qu'il faut pour gérer au mieux les problèmes et la planète reste vivable.
  4. Cas Vrai + Non : on aboutit à une catastrophe à tous les niveaux. Nous n'avons rien fait et c'est une honte en plus d'une catastrophe pour les générations futures.
La suite de la démonstration consiste à dire que nous ne pouvons pas (ou plus) grand chose sur le changement climatique [1], nous ne pouvons que décider si nous agissons ou pas. Par rapport au tableau, ça signifie "choisir la colonne".
Si on choisit :
  • d'agir : le pire serait une crise économique, ce qui n'est pas une crise majeure si on compare ça à une crise écologique et sanitaire de grande ampleur.
  • de ne pas agir : le pire serait non seulement une crise économique, mais aussi politique, sociale, environnementale, sanitaire. En simple : la fin du monde tel que nous le connaissons. Comment peut-on envisager de courir un tel risque ?
La seule décision logique, la seule décision responsable est d'éviter le cas numéro 4 donc d'agir et ceci dès maintenant car, selon certaines études, on parle de notre génération, pas de celle de nos petits-enfants.
Il termine en disant (à peu près) : on aura pas de deuxième chance. Vous voulez courir ce risque ? Vous vous sentez chanceux ou pas ?


Je précise que j'ai simplement repris ce qui a été dit.
Ça peut parfois paraître un peu simpliste comme démonstration mais le fond n'est pas complètement faux. Donc agissons par tous les moyens : il faut en parler, il faut inciter les pouvoirs publics à aller dans ce sens, etc ...

J'ajoute que selon pas mal d'études, la preuve d'un changement climatique est - au moins en partie - avérée. Ce qui enlève encore des possibilités mais pas la 4ème...

[1] : c'est pas tout à fait vrai mais disons que c'est des effets à tellement long terme que ce qu'on peut faire aujourd'hui n'aura pas d'impact avant un paquet d'années. Voir l'effet de serre.

mardi 2 octobre 2007

Manicore 2 : l'ozone

Chose promise, chose due! Voici donc un billet sur le "trou" de la couche d'ozone. J'ai choisi de parler de l'ozone en général et pas uniquement du "trou", même si une bonne part du billet y est consacré.

1) Qu'est-ce que l'ozone ? Où le trouve-t-on ?

L'ozone O3 est un gaz constitué de 3 molécules d'oxygène. C'est un oxydant et un désinfectant très puissant qui est utilisé par exemple pour le traitement de l'eau, dans les blanchisseries, l'industrie agro-alimentaire, la papeterie ou la micro-électronique. C'est aussi (et surtout) un gaz qui nous protège des UVs nocifs du soleil dans la haute atmosphère ainsi qu'un gaz à effet de serre (il absorbe les infrarouges émis par la Terre).
Il faut donc bien distingué ces 2 particularités qui ont des impacts différents suivant où on se trouve :
  • L'ozone troposphérique (basse atmosphère) : le gaz irritant et dangereux pour l'homme d'origine majoritairement industrielle au niveau du sol responsable des pics de pollution.
  • L'ozone stratosphérique (haute atmosphère) qui fait partie de ce qu'on appelle la couche d'ozone : le gaz à effet de serre naturel et bénéfique qui nous protège des UVs et permet d'avoir une température "vivable".

2) Le "bon" ozone

C'est celui de la "couche", celui qui se situe dans la stratosphère et qui nous protège des UVs nocifs du soleil. Sans lui, moins d'UVs sont interceptés donc plus d'UVs atteignent le sol et peuvent par exemple provoquer des cancers. Cet ozone participe également à l'effet de serre mais de façon naturelle et depuis toujours, donc il est bénéfique.

3) Le "mauvais" ozone

C'est l'ozone troposphérique, celui de la pollution. En fait, l'ozone des pics de pollution n'est pas celui qui est produit par les industries. Il provient d'un mécanisme complexe où le dioxyde d'azote NO2, venant des gaz d'échappements est transformé, par une série de réactions chimiques favorisées par le rayonnement solaire, en ozone. C'est pourquoi cela se produit quand :
  1. la circulation automobile est intense, donc dans les grandes villes ou sur l'autoroute quand il y a des bouchons
  2. il fait très beau
  3. il n'y a pas beaucoup de vent
A basse altitude, comme l'ozone est un oxydant puissant, il est nocif pour l'homme.

Dans les 2 cas, il s'agit bien de la même molécule, du même gaz, mais les effets négatifs de l'ozone ne se font sentir qu'à basse altitude, là où nous pouvons le respirer.
L'ozone troposphérique est bien évidemment aussi un gaz à effet de serre, et comme il est majoritairement d'origine industrielle (industries et avions), il participe à l'augmentation de l'effet de serre, qui elle n'est pas bénéfique.

4) Qu'appelle t-on "trou" de la couche d'ozone ? Quels sont les responsables ?

Ce qu'on appelle "trou" est en fait une diminution forte (au moins la moitié) et locale de la concentration d'ozone stratosphérique. Cette diminution est le résultat d'une réaction chimique entre l'ozone et les CFC (chlorofluorocarbones CxClyFz) qui se produit dans la stratosphère.
Les CFC sont des gaz industriels très stables, donc inoffensifs pour nous car ils ne risquent pas de réagir quand nous sommes en contact avec eux. C'est pour cette raison qu'ils ont été utilisés comme :
  • fluide réfrigérant à la place de l'ammoniac
  • gaz expanseurs pour les mousses plastiques (polystyrène expansé)
  • solvants dans l'industrie électronique
  • gaz propulseurs dans les aérosols ou les extincteurs
  • nettoyants industriels
En revanche, lorsque ces molécules arrivent dans la stratosphère, les ultraviolets très énergiques du rayonnement solaire cassent leurs liaisons chimiques et libèrent le chlore. Ce chlore intervient dans des réactions chimiques qui aboutissent à la destruction de l'ozone O3.

4) Où est ce "trou" ?

Il se situe en fait au-dessus du Pôle Sud. Pourquoi ?
  • Pendant l'hiver austral, le Pôle Sud est plongé dans le noir donc le rayonnement solaire ne peut plus dégrader les CFC.
  • Durant cette période dans la stratosphère, la température descend très bas (-80°C environ) et des nuages de cristaux de glace se forment. Les CFC libèrent leur chlore grâce à ces cristaux de glace qui servent de catalyseur, mais le chlore est sous une forme qui ne réagit pas avec l'ozone.
  • L'air qui se trouve au-dessus du Pôle Sud reste dans cette région, car il se situe dans un grand tourbillon.
Ces 3 facteurs réunis font que du chlore s'accumule pendant tout l'hiver austral au-dessus du Pôle Sud sans réagir avec l'ozone. Mais dès que le soleil réapparaît au printemps austral, les composés chlorés sont dissociés très rapidement par les UVs et le chlore libéré réagit immédiatement avec l'ozone. Jusqu'à 90% de l'ozone stratosphérique peut ainsi disparaître en quelques semaines.

5) Pourquoi pas au-dessus du Pôle Nord ?

Parce qu'il fait moins froid au-dessus du Pôle Nord donc les nuages stratosphériques de cristaux de glace ne se forment pas. Mais cela pourrait arriver. Des études montrent que, même si le réchauffement climatique porte bien son nom et entraîne un réchauffement global de la planète, certaines parties du globe connaissent localement une diminution des températures. C'est le cas au-dessus du Pôle Nord où la température commence à descendre suffisamment bas en hiver pour voir apparaître les nuages stratosphériques. Cela pourrait être bien plus grave car le Nord est beaucoup plus peuplé que le Sud.

6) Que faire ?

Le protocole de Montréal a préconisé en 1987 une diminution de 50% des émissions de toutes les substances appauvrissant la couche d'ozone et il a été amendé 4 fois pour ajouter de nouvelles substances ou diminuer les délais. 190 pays l'ont aujourd'hui signé. Malheureusement, malgré cela, les émissions continuent d'augmenter dans le monde pour certains de ces gaz (les HCFC par exemple : voir cet article)
D'autre part, les CFC ont une durée de vie très longue dans l'atmosphère (ils mettent déjà une quinzaine d'années à monter jusqu'à la stratosphère avant de pouvoir être dégradés) puisqu'ils sont très stables (jusqu'à plusieurs milliers d'années pour certains), donc leur effet est loin d'être terminé, même si un jour nous arrêtons toutes nos émissions.
Le trou de la couche d'ozone s'étend déjà cette année sur une superficie de 10 millions de km² (l'expansion n'est peut-être pas encore finie), soit l'équivalent de la surface de l'Europe !!!


Sources sur Manicore :
Articles liés :
  1. Manicore
  2. L'effet de serre

lundi 10 septembre 2007

Manicore 1: l'effet de serre


Comme promis, je me suis attaqué à la très difficile tâche qui consiste à résumer les infos du site Manicore de Jean-Marc Jancovici. Voici donc le premier d'une série que j'espère longue (il faut rester motivé !). Je compte sur vous pour me dire ce que vous en pensez : si c'est trop long, trop court, bien expliqué, mal expliqué, si j'ai dit des conneries, etc ... (Merci à Zinkou et Elise pour la relecture, les conseils et la mise en forme)

1) C'est quoi donc l'effet de serre ? Et de quels gaz on parle dans "gaz à effet de serre" ?

On appelle "gaz à effet de serre" l'ensemble des gaz présents dans l'atmosphère qui agissent comme une serre, c'est-à-dire ceux qui laissent entrer le rayonnement solaire (au moins partiellement) mais empêchent (au moins partiellement également) les infrarouges, émis par tout corps chaud [1], de repartir, contribuant ainsi à l'augmentation de la température moyenne de la planète. Ils agissent comme une sorte de couvercle. Ils existent depuis toujours à l'état naturel et sont nécessaires à la vie puisqu'ils permettent d'avoir une température moyenne d'environ 15°C. Sans eux, la température moyenne avoisinerait -18°C !

Les gaz à effet de serre peuvent être séparés en 2 catégories :
  1. ceux qui sont naturels
  2. ceux qui ne le sont pas :)
Les principaux gaz à effet de serre naturels sont :
  • la vapeur d'eau (H20)
  • le gaz carbonique (CO2)
  • le méthane (CH4) : c'est le gaz "naturel" de nos cuisinières
  • le protoxyde d'azote (N20) : c'est celui qu'on appelle le gaz hilarant
  • l'ozone (O3)
Dire que ces gaz sont naturels veut dire qu'ils existaient avant les hommes et qu'ils sont produits et absorbés de façon naturelle (un cycle naturel complet existe).

Les gaz à effet de serre non naturels sont des gaz industriels : les halocarbures (CxHyHalz ou Hal désigne un gaz halogène comme le Fluor, le Chlore, etc ...), les chlorofluorocarbures [2] (CFC - CxClyFz, c'est une sous-famille des halocarbures), l'hexafluorure de soufre (SF6) pour ne citer qu'eux.

2) Combien de temps faut-il pour "recycler" ces gaz à effet de serre ?

Une donnée importante est le temps de séjour de ces gaz dans l'atmosphère. En effet, plus une molécule y reste longtemps, plus sa participation individuelle à l'effet de serre est importante.

Ci-dessous les durées approximatives :
  • le gaz carbonique CO2 : 100 ans
  • le méthane CH4 : 12 ans
  • le protoxyde d'azote N2O : 120 ans
  • les halocarbures : jusqu'à 50 000 ans !!!

Concrètement, cela signifie que les gaz que nous émettons aujourd'hui (en prenant notre voiture par exemple) auront un impact pendant 1 ou 2 siècles, pour nos enfants, petits-enfants, arrières-petits-enfants, etc ... Cela veut dire aussi que même en stoppant toutes les émissions dès aujourd'hui, les gaz émis depuis le début de l'ère indutrielle auront un impact climatique sur notre avenir.

3) Comment comparer l'impact de ces différents gaz ?

Une formule mathématique (ici pour les curieux) permet de calculer le pouvoir de réchauffement global (PRG) de chaque gaz en prenant en compte leur durée de séjour dans l'atmosphère. Cette valeur n'est pas absolue mais relative au gaz carbonique et encore une fois approximative. La dénomination complète est : PRG relatif / CO2 sur 100 ans :
  • gaz carbonique CO2 : PRG = 1 (forcément :) )
  • méthane CH4 : PRG = 25
  • protoxyde d'azote N20 : PRG = 298
  • perfluorocarbures CnF2n+2 (un halocarbure) : PRG = 7400 à 12200
  • hydrofluorocarbures CnHmFp (un autre halocarbure) : PRG = 120 à 14800
  • hexafluorure de soufre SF6 : PRG = 22800
En clair, cela signifie que, sur un siècle, 1 kg de SF6 émis dans l'atmosphère est équivalent pour l'effet de serre à émettre 22,8 tonnes de CO2 !!!

On utilise plus souvent l'"équivalent carbone" (vous en avez peut-être déjà entendu parlé), c'est-à-dire qu'au lieu de comparer à la masse du gaz carbonique - CO2 - dans son ensemble, on compare à la masse du carbone seul - C - contenu dans le CO2 émis. Dans 1 kg de CO2, il y a 0,2727 kg de carbone C, donc l'équivalent carbone du CO2 = 0,2727. Pour les autres gaz, il suffit de multiplier ce chiffre au PRG relatif / CO2, ce qui donne, en équivalent carbone par kg émis :
  • gaz carbonique CO2 : 0,2727
  • méthane CH4 : 6,82
  • protoxyde d'azote N20 : 81,3
  • perfluorocarbures CnF2n+2 : 2015 à 3330
  • hydrofluorocarbures CnHmFp : 34 à 4040
  • hexafluorure de soufre SF6 : 6220
La "taxe carbone", envisagé pour décourager les émissions de gaz à effet de serre est basée sur cet équivalent carbone. Le principe est très simple : si on fixe la taxe de la tonne équivalent carbone à 1000 euros par exemple, alors l'émission d'une tonne de CO2 sera taxée 273 euros (en arrondissant), une tonne de CH4 6820 euros, etc ...

4) Quels sont les gaz qui contribuent le plus à l'effet de serre ? Dans quels proportions ?

C'est aussi grâce à cet équivalent carbone qu'on peut calculer la répartition de l'impact de chacun de ces gaz sur l'effet de serre.
La vapeur d'eau et le gaz carbonique sont les 2 principaux gaz responsables de l'effet de serre mais les halocarbures absorbent bien plus fortement les infrarouges que le gaz carbonique à poids égal et en réémettent donc plus vers la Terre. Leurs molécules sont très solides (chimiquement très stables dans l'atmosphère), seuls les ultraviolets et les rayons cosmiques (très énergiques) du rayonnement solaire peuvent "casser" les liaisons de ces molécules. Il faut donc très longtemps avant que ces molécules lourdes montent suffisamment haut dans la stratosphère (c'est une des couches de l'atmosphère [3]) pour être exposées à ces rayons et être "recyclées".

Si on considère l'effet de serre additionnel (c'est-à-dire celui qui est provoqué par les émissions de gaz d'origine humaine et qui se rajoute à l'effet de serre naturel), la répartition de l'impact de ces gaz est la suivante (les pourcentages sont arrondis) :
  1. le gaz carbonique CO2 : 55% avec principalement la combustion des énergies fossiles (charbon, pétrole, gaz) et à un niveau moindre, certaines industries (exemple : production de ciment) et la déforestation
  2. le méthane CH4 : 15% avec la combustion des matières organiques (bois), l'élevage des ruminants (vaches, moutons, etc ...), la culture du riz, les décharges d'ordures ménagères, les exploitations pétrolières et gazières, les mines de charbon.
  3. les halocarbures : 10% avec les gaz réfrigérants, les gaz propulseurs des aérosols et certains procédés industriels (fabrication de mousses plastiques, de composants d'ordinateurs et téléphones portables, ...)
  4. l'ozone : 10%, qui vient indirectement de la combustion des hydrocarbures et est également responsable de la pollution locale car c'est un oxydant très agressif.
  5. le protoxye d'azote N20 : 5% avec les engrais agricoles azotés et certains procédés chimiques
  6. la vapeur d'eau : la contribution de la vapeur d'eau d'origine humaine à l'effet de serre est négligeable sur une planète couverte au 2/3 d'eau, d'autant que son temps de résidence dans l'atmosphère est de l'ordre d'une semaine.
On voit très clairement pourquoi le CO2 est pointé du doigt : il est responsable de plus de la moitié de l'effet de serre additionnel et il vient en grande majorité de la production de l'énergie que nous utilisons dans notre vie quotidienne (électricité, voitures pour ne citer que ceux-là).
Voilà pourquoi il est si important de faire des économies d'énergie ...


[1] : D'un point de vue physique, tout corps au-dessus du zéro absolu (0°Kelvin = -273°C) est un corps chaud et émet des infrarouges. Par exemple : la terre, un être humain ou un arbre émettent des infrarouges.
[2] : Les CFC ont en plus la particularité de diminuer la concentration d'ozone et sont responsables du "trou" de la couche d'ozone. Cela fera l'objet d'un autre billet.
[3] : L'atmosphère est divisée en 5 couches. Voir article Wikipedia.

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Sources sur le site de Jean-Marc Jancovici :
Voir aussi l'effet de serre et la bio de Jean-Marc Jancovici (c'est pas un charlot !) sur Wikipedia.

lundi 13 août 2007

http://www.manicore.com/

Un petit billet pour parler (ou reparler) d'un site sur lequel je passe pas mal de temps depuis une semaine ou deux et qui est également mon premier lien (si si, là en bas à droite : "Le site de Jean-Marc Jancovici", c'est ça).
Ce site est dans un style un peu rétro (pour le Web en tout cas, cherchez pas de Web 2.0 là-dedans, y'en a pas) mais le contenu est vraiment super intéressant. Ca parle de réchauffement climatique, d'effet de serre et de tout un tas de chose en relation (j'ai pas tout lu encore, y'en a beaucoup). C'est parfois flippant voire déprimant mais intéressant.
J'essaierai dans le futur (pas trop éloigné j'espère) de faire des petits résumés sur certains points mais c'est pas gagné parce que c'est pas forcément facile à synthétiser (mieux que ça ne l'est déjà) tout en restant compréhensible. Enfin, je ferai de mon mieux et on verra bien ce que ça donne.

J'en profite pour dire à Jean-Marc Jancovici que si jamais il me lit un jour (ça serait un peu une marque de succès quand même mais faut pas rêver), j'espère que je n'outrepasse pas mes droits (ou les tiens) en essayant de faire ces résumés et que si j'oublie de citer la source de mes articles, t'auras le droit de m'incendier :)