lundi 22 octobre 2007

Les logiciels libres

Ça fait un moment que je voulais en parler donc je me lance. Voici une petite présentation de ce qu'est un logiciel libre. Ultérieurement, j'essaierai aussi de parler des formats ouverts et de dresser une petite liste (très loin d'être exhaustive) des logiciels libres que j'utilise dans la vie de tous les jours pour illustrer tout ça. Je ferai peut-être aussi quelques billets sur tel ou tel logiciel libre.

DéfinitionRichard Stallman

Un logiciel libre est un logiciel que tout le monde peut utiliser, étudier, modifier et distribuer. Pour être plus précis, la FSF (Free Software Foundation), dont le fondateur Richard Stallman est aussi à l'origine du projet GNU, a une définition basée sur 4 libertés fondamentales :
  1. Liberté 0 : La liberté d'exécuter le programme, pour tous les usages.
  2. Liberté 1 : La liberté d'étudier le fonctionnement du programme.
  3. Liberté 2 : La liberté de redistribuer des copies. Ceci comprend éventuellement la liberté de vendre des copies.
  4. Liberté 3 : La liberté d'améliorer le programme et de publier ses améliorations.
Les libertés 1 et 3 sous-entendent l'accès au code source, c'est pourquoi on parle aussi de logiciels "Open Source" (sources ouvertes c'est-à-dire disponibles) même si ce n'est pas exactement la même chose (la notion de logiciel libre va plus loin).
Un logiciel libre n'est pas systématiquement gratuit même si c'est le cas dans la grande majorité des cas (la confusion est encore plus grande en anglais où libre et gratuit se disent tous les 2 "free").

Législation

D'un point de vue légal, un logiciel est libre s'il est distribué sous une licence libre, c'est-à-dire que l'auteur renonce à tout ou partie de ses droits sur le logiciel. Il y en a 2 grandes catégories :
Logo CopyLeft
  • Tous les droits : une seule obligation en général, citer l'auteur. Mais vous pouvez par exemple vendre le logiciel. La plus connue est la licence BSD.
  • Copyleft (par opposition à copyright) : on l'appelle aussi contaminante car elle impose que les modifications et/ou redistributions du logiciel reste conforme au copyleft, c'est-à-dire que les logiciels issus d'un logiciel libre avec copyleft restent forcément des logiciels libres. La plus connue est la licence GPL (Licence Publique Générale GNU).
Il existe beaucoup de licences libres dérivées de ces 2 branches principales.

Illustration

On peut faire une analogie avec un gateau. Disons qu'un logiciel est un gateau. Le code source serait la recette.
Le gateau libre vous donne le droit de le manger (utiliser), de le donner entièrement ou un morceau (distribuer), d'étudier la recette et de la modifier si vous en avez envie.
Pour le gateau non-libre, vous n'avez pas la recette et vous l'achetez pour le manger tout seul. Dans certains cas, vous pouvez avoir la recette mais vous n'avez pas le droit de la copier ou de la modifier.

Organisation

Les logiciels libres sont développés (codés) de façon collaborative par plusieurs personnes (en tout cas pour les "gros" projets). Cet aspect est très important car il en découle plusieurs avantages :
  • Qualité : le code est en général bien écrit et commenté - expliqué - pour que les autres puissent comprendre ce qui est déjà fait.
  • Fiabilité : plus il y a de développeurs, plus il y a de chances de trouver les bugs et de les corriger avant la sortie officielle.
  • Sécurité : il est impossible très difficile d'y introduire un code malveillant car il sera repéré par les autres développeurs.
  • Réactivité : si un bug ou une faille de sécurité est découvert(e), il ou elle est corrigé(e) très rapidement.

Philosophie

Il y a un état d'esprit assez particulier autour des logiciels libres et de leur aspect communautaire. Les développeurs sont fiers de participer à un projet qui devient un peu leur bébé. Ils sont fiers de pouvoir partager leur travail et d'aider des gens qui n'ont pas forcément les connaissances pour le faire eux-mêmes, fiers de pouvoir proposer le choix d'une certaine liberté.
Dans cette même idée, les logiciels libres respectent dans l'ensemble les formats standards ouverts afin d'assurer l'interopérabilité avec d'autres logiciels et la pérennité des données.
Il en découle une petite guerre entre les logiciels libres et les logiciels propriétaires (ou commerciaux ou industriels) qui eux cherchent à "enfermer" l'utilisateur dans le format et le logiciel qu'ils lui ont vendu.

En allant encore plus loin, cela devient presque une forme de résistance par rapport au modèle économique mondial qui nous est imposé tous les jours où le chacun-pour-soi et le faire-du-fric est le mot d'ordre. Dans ce cas particulier du Web, les apports communautaires sont possibles et efficaces. Espérons juste que nous n'en soyons jamais privé par les lobbies en place.

Enjeu

On ne se rend pas forcément compte de l'enjeu qu'il y a derrière ces histoires de logiciels libres et de formats ouverts. Mais on parle de nos données personnelles. Effectivement la plupart du temps, on se fout de savoir si quelqu'un (une personne ou une entreprise) a accès à nos données. Mais dans un futur très proche (voire au présent), il s'agit aussi de votre carte vitale, du passeport numérique, du vote électronique, du dossier médical, etc ... Là, ça devient vraiment très important de savoir ce que fait le logiciel et si les données sont pérennes.
Si ce n'est pas un logiciel libre, l'éditeur du logiciel peut potentiellement faire ce qu'il veut, il n'est pas facile de le contrôler si on n'a pas les sources.
De même, si l'éditeur du logiciel décide d'arrêter ou si il fait faillite ou même si il décide de changer de format, comment fait-on pour lire nos données si le format n'est pas ouvert ?

Soutien


Sources et liens :

6 commentaires:

zinkou a dit…

Voici un texte qui fait une analogie intéressante et parlante entre les formats ouverts et les machines à café récentes (celle avec des capsules).
Prisonier d'une capsule.

Sinon on peut faire l'analogie avec les brevets sur les OGM qui permettent une confiscation du vivant et les logiciels et formats propriétaires qui permettent une confiscation de l'information et du savoir.

Mat. a dit…

Bien sur je suis également favorable à la "liberalisation" des logiciels, mais par exemple pour mon cas, j'utilise souvent des logiciels d'extraction/traitement/convertisseurs audio et à part Audacity que je trouve très moyen, j'arrive pas à me passer de mon logiciel cracké (Goldwave) si qqn a une idée d'alternative je suis preneur !

:-)

Kok a dit…

Ouai mais ca c'est parce que t'es un pro, Mat ;) Effectivement, quand on a une utilisation professionnelle, les logiciels pro sont souvent meilleurs.
Mais là je parle d'utilisation grand public et de diffusion où l'interopérabilité est importante. C'est sûr que les pro qui font du mixage son ont pas besoin et pas envie de diffuser leur travail et de toute façon, les logiciels libres ne proposent pas autant de fonctionnalités (heureusement, imagine ça voudrait dire que les logiciels pro vont pas chercher bien loin).
Bref, pour ne pas les citer, je parle de sociétés comme Microsoft qui t'imposent Word (par exemple) et quand ils ont plus envie, ils maintiennent plus une version donc si t'as office 2007, tu peux plus ouvrir les doc 97 (exemple au hasard)

Dis donc Mat, t'as vraiment envie de m'embêter sur ce blog ;)

Mat. a dit…

Ok je comprends bien mais c'est juste que je fais pas des choses si compliquées que ça et que je suis étonné de pas trouver de logiciels libre qui peuvent le faire. C'est pas ça je pense que ça doit exister et que je n'ai pas encore trouvé surtout...

Promis même si un article me pose des problèmes j'éviterai de piquer ;-)

Mais tu sais bien que c'est dans ma nature... :-p

Kok a dit…

Oh non surtout pas ! C'est intéressant d'avoir des remarques, qu'elles soient positives ou négatives. Faut pas hésiter à me dire qu'on est pas d'accord ou que je dis des conneries, ça me fait réfléchir et avancer. Donc merci c'était pour charrier ;)

Mat. a dit…

de toute façon tu dois savoir que je pourrai pas m'en empecher non plus :-)
Sois trankil le détracteur est tjs là :-)